L’autre soir j’ai été témoin d’une chose à la fois banale et extraordinaire.
J’allais chez un petit marchand faire le plein de fruits pour les préparer en salade, chez ce genre de marchand qui vend tout le nécessaire pour éviter de trop marcher: biscuits, lessive, cube, pates, lait en poudre, oignons, etc. Tout pour la maison quoi! C’est qu’ici on aime bien ne pas trop marcher pour aller chercher les choses, la chaleur pourrait nous accabler.
Donc me voilà chez le boutiquier, encore que lui est à même la rue sur le trottoir, mais il a quand même un bien joli stand bleu, sponsorisé par un nouvel opérateur téléphonique ; et voici le moment de payer… et de placer mon gros billet de 10 000 F CFA, celui que tout le monde redoute car il va puiser dans ta cagnotte pour pomper toute ta monnaie, celui que tout le monde est emmerdé à sortir à cause du temps perdu à chercher la monnaie.
Comme d’habitude, c’est parti pour la recherche de monnaie. Car ici, on est toujours en recherche de monnaie, pour payer le taxi (ya pas la monnaie, pardon…), le déjeuner (vous avez pas 200? je vous rends 500), le pain, etc. Cette fois pourtant c’est facile, mon total fait 3 000. Je vois mon jeune ami vendeur, une quinzaine d’année à peine, chercher dans un, deux ou trois endroits et sortir des mille francs, des mille francs, des mille francs… Aurai-je trouvé le jackpot de la monnaie? Convertir mon gros 10 000 en autant de 1 000F ?
Ce serait trop beau.
“Attends, il est parti chercher la monnaie…” qu’il me lance après avoir confié 5 petits billets à un jeune encore plus jeune, moins de 10 ans cette fois. On va pas mettre tous ses oeufs dans le même panier non plus, et donner à quelqu’un tous ces trésors de monnaie accumulés! Merci mon ami, comme je te comprends…
Voici donc un secret révélé, un élément de l’équilibre social de la rue africaine: il arrive aussi que l’on cherche des plus gros billets! Et que, par la même occasion, on attende encore la monnaie qui se trouve devant soi